L'organisation chez les abeilles

Texte très succinct tellement le domaine documentaire sur les abeilles est vaste.


Je vais vous parler de l’organisation de la ruche. D’abord un petit condensé historique.


L’apparition des abeilles sur terre coïncide avec celle des plantes à fleurs, les angiospermes.

On retrouve leurs traces sur tous les continents et à travers toute l’histoire de l’humanité.

On en a retrouvé entre autres dans les ambres de la Baltique, dans les peintures rupestres des grottes qui démontrent le lien ancien entre l’homme et l’hyménoptère.


L'abeille a été vénérée par de nombreuses civilisations, elle est le symbole de la Basse-Egypte (de nombreux papyrus décrivent l’utilisation du miel en tant que remède).


C’est depuis la Haute Antiquité qu’on connaît cet insecte et l’organisation perfectionnée de la colonie.


Au moyen-âge, les abeilles et les hommes vivent dans une grande proximité, le vol d’une ruche était plus lourdement puni que le vol d’un cochon. Charlemagne exigeait à chaque exploitation agricole d’élever au moins 2 ruches.


La renaissance qui a été une période de renouvellement scientifique a mis au jour la biologie de l’abeille et son fonctionnement.


L’abeille est le lien entre Terre et Ciel et elle est mentionnée dans des livres religieux.


Symboliquement, l’abeille est considérée comme une créature sacrée, elle symbolise la paix, la justice tout en véhiculant un modèle social sans conflit, une société dans laquelle chacun trouve sa place dans l’ordonnancement général au service des autres.


La ruche est un organisme (un tout vivant, différencié, harmonisé et cohérent), elle est membre d’une communauté, elle est une partie d’un tout dont ce tout ne saurait se passer. Elle est indissociable de son organisme-ruche ce qui implique des manières de communiquer, d’évoluer dans ses fonctions au sein de la vie de la collectivité, une vie sociale faite d’entraide, de solidarité tout au long d’un chemin rythmé par les saisons.


Les abeilles sont organisées en colonie autour de la reine et chaque individu a un rôle à jouer, chacun a sa place et contribue à la richesse de la communauté.


Le passage d’une ouvrière, d’une catégorie à une autre (nettoyeuse, nourrice, maçonne, ventileuse, gardienne, butineuse..) s’effectue sous le contrôle d’hormones qui entraînent des changements physiologiques. Tous ces changements sont néanmoins réversibles en fonction des besoins de la colonie. L’abeille domestique Apis Mellifera a un langage chimique individuel et propre à chaque groupe d’abeilles. La communication chimique par phéromones est aussi d’une grande importance.


Comment les abeilles savent-elles ce qu’elles doivent faire à un moment donné ?


De nombreuses expériences menées par le CNRS, Inra et d’autres universitaires, chaque ouvrière présenterait un seuil de sensibilité différent face aux différents stimuli rencontrés (phéromones, lumière, sucre présent dans le nectar..) Ainsi les nourrices seraient plus sensibles à la phéromone émise par le couvain, et les butineuses plus sensibles au manque de réserves dans la ruche.


La démocratie règne chez les abeilles. C'est un modèle de société participatif avec des mécanismes décisionnels majeurs que sont : l’absence d’un leader, l’existence d’un comité d’experts, le partage des informations, le débat contradictoire, le consensus.


Par exemple dans le cas de l’essaimage, comment se prend la décision de choisir un nouveau site d’installation ?


Il est crucial qu’un groupe d’individus s’accordent sur la décision à prendre, au même moment. Impossible en effet d’essaimer en ordre dispersé ou de scinder l’essaim par la suite. Les abeilles restent groupées autour de la reine et font un choix rapide, si possible, le meilleur pour limiter le temps passé à découvert. La solution apportée est la formation d’un quorum. Une fois qu’un certain pourcentage d’individus propose la même solution (70% chez les abeilles, - de 50% dans nos démocraties) l’ensemble du groupe s’y conforme instantanément.

Puis vient la décision de trouver un nouveau site d’installation. Après avoir quitté la ruche, des éclaireuses partent en reconnaissance d’éventuelles ruches ou cavités vides susceptibles d’accueillir la colonie. Lorsqu’elles ont trouvé un ou plusieurs sites potentiels, les éclaireuses retournent auprès de l’essaim et informent leurs congénères de la localisation, par la danse. Chaque éclaireuse va danser pour un site d’autant plus longtemps qu’elle le considère de bonne qualité. De plus, chaque abeille assistant à la danse peut se rendre sur le site pour faire sa propre évaluation et si elle est favorable à cette proposition, revenir danser, elle aussi, pour indiquer ce site aux autres abeilles. L’ensemble de ces mécanismes aide à une prise de décision collective et efficace.


Les abeilles combinent des informations visuelles célestes et terrestres pour naviguer, elles ont un système de navigation efficace, une boussole solaire intégrée.

Elles s’orientent principalement grâce au positionnement du soleil. Elles ont une carte cognitive dans la tête. Elles mémorisent la position du soleil lors de leur trajet, ce qui leur permet de repérer l’emplacement de la ruche, des sites de nourritures, des éléments du panorama, les obstacles (montagnes, bâtiments, rivières,..), et le type de nectar trouvé ( mémoire olfactive).

Elles ramènent toutes ces informations à leurs congénères dans la ruche ,toujours par la danse ( battements des ailes, contraction des muscles). La danse est exécutée dans l’obscurité => perceptions tactiles et olfactives exclusivement. Elles dansent quelques secondes, puis vont danser plus loin. Dans les cinq minutes qui suivent, 89% des abeilles sont averties de la position de la source.


Le monde des abeilles maîtrise le vibratoire depuis plus de 100 millions d’années. Les abeilles émettent, perçoivent et analysent en permanence une multitude de signaux vibratoires. Elles utilisent les vibrations au cours de l’élaboration de leurs produits : si une fleur a déjà été visitée, les abeilles le savent de loin et n’y vont pas.

Elles communiquent par vibrations. Par exemple, quand vous approchez une ruche, les abeilles connaissent instantanément votre état émotionnel et vos intentions et, si vos humeurs sont agressives, vous risquez d’être piqué.


Les matières apicoles sont le résultat de toutes ces vibrations émises par les abeilles. Elles contiennent les vibrations de toute l’histoire de leur fabrication. Une matière n’agit pas uniquement par ses ingrédients actifs mais aussi par sa signature énergétique. Toutes ces synergies agissent aussi bien sur notre sphère physique que sur notre sphère émotionnelle.

Pour qu’un produit soit bénéfique pour notre santé, il faut qu’il ait conservé sa force physique et ses informations vibratoires. Or, ces informations vibratoires, qui existent dans tous les produits, peuvent être altérées par des conditions de production ou de transformation qui ne sont pas adéquates.


L’importance des abeilles dans le développement des sociétés humaines n’est pas seulement économique et écologique, elle est également symbolique. Les représentations anciennes de ces merveilleux insectes montrent, dans toutes les aires culturelles, la fascination qu’elles ont exercée sur l’être humain par leurs productions « civilisatrices » de miel et de cire et par leur organisation sociale remarquable.


Symboliquement dans le monde animal, l’abeille se démarque par une excellente réputation.


“La matière n’est pas simplement une addition d’ingrédients, elle est surtout un message vivant de la terre et des abeilles qui se transmet à notre corps et à notre esprit.”

Catherine Flurin


Les livres qui m’ont permise d’écrire et de vous présenter ce petit article :

* Abeilles, une histoire intime avec l’humanité - ouvrage collectif sous la direction de Martine Regert ;

* L’apithérapie – Catherine Ballot-Flurin ;

* La démocratie chez les abeilles, un modèle de société – Thomas D. Seeley.

 

Avec tout mon Amour pour toutes les abeilles,

Marie-Christine Houben